Gabriel Verret quitte son poste, mais ne part pas

Il n'est plus le directeur exécutif de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH). Gabriel Verret a donc remis sa démission le lundi 11 avril aux coprésidents de la Commission. Cependant, il reste quand même dans le système en tant que conseiller principal des politiques, à la fois auprès de Bill Clinton et de Jean-Max Bellerive ainsi qu'auprès du Bureau du Premier ministre. Il a donc changé de poste. Cette démission intervient dans un contexte où la nouvelle équipe de Martelly se prépare à prendre les rênes du pouvoir et à opérer des changements au sein de l'administration publique

Il n’est plus le directeur exécutif de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH). Gabriel Verret a donc remis sa démission le lundi 11 avril aux coprésidents de la Commission. Cependant, il reste quand même dans le système en tant que conseiller principal des politiques, à la fois auprès de Bill Clinton et de Jean-Max Bellerive ainsi qu’auprès du Bureau du Premier ministre. Il a donc changé de poste. Cette démission intervient dans un contexte où la nouvelle équipe de Martelly se prépare à prendre les rênes du pouvoir et à opérer des changements au sein de l’administration publique.

Haïti: Il était le conseiller économique du président sortant. On le considérait comme le représentant direct de René Préval à l’intérieur de la CIRH. Ces derniers jours, les critiques fusaient de toutes parts sur sa compétence et son bilan, jugé bien maigre, au sein de la Commission intérimaire. Sa démission est importante, selon les coprésidents Bill Clinton et Jean-Max Bellerive. "Cette décision importante arrive à un moment critique pour la CIRH alors que le pays se prépare à un nouveau gouvernement et que la CIRH a pour objectif, entre autres, le renforcement des institutions haïtiennes", ont-ils dit dans un avis aux médias.

"Afin de limiter toute interruption dans ses activités, la Commission, a d’ores et déjà, commencé des recherches pour le recrutement d’un nouveau directeur exécutif. Les coprésidents, à travers leurs représentants, Henry Robert Louis et Laura Graham, gèreront les opérations quotidiennes de la CIRH", a précisé cet avis rendu public mardi, soit 24 heures après la démission de Gabriel Verret.

Les coprésidents de la CIRH, poursuivit cet avis, tiennent à remercier M. Verret pour ses efforts et contributions en tant que directeur exécutif intérimaire au cours de cette dernière année et sont heureux qu’il ait accepté de continuer, sur une base intérimaire, à soutenir le travail de la Commission en tant que conseiller principal des politiques, à la fois auprès des coprésidents, ainsi qu’auprès du bureau du Premier ministre.

Joint au téléphone mardi soir par Le Nouvelliste, M. Verret n’a pas voulu commenter les raisons de sa démission. "Pas de commentaires, pas de commentaires... ", a-t-il lâché laconiquement.

Un directeur exécutif très critiqué

Gabriel Verret a fait l’objet de sérieuses critiques sur sa gestion, son manque de communication, entre autres. Lors de la 4e réunion de la CIRH en République dominicaine à l’hôtel Hilton le mardi 14 décembre 2010, la partie haïtienne n’avait pas mâché ses mots contre l’ancien directeur exécutif.

Au cours de cette 4e réunion, Mme Suze Perci Filippini, représentante de l’exécutif à la CIRH, avait demandé la parole. Contre toute attente, elle annonçait qu’elle allait donner lecture de "la position des douze membres de la partie haïtienne de la CIRH et du mode de fonctionnement de la Commission".

"Les douze membres de la partie haïtienne ici présents se sentent complètement débranchés de la vie de la CIRH. A l’heure des TIC, il existe un déficit crucial de communication et d’information de la part du secrétariat exécutif, et encore plus du comité exécutif. En dépit de notre fonction dans la structure de l’institution, nous n’avons à ce jour reçu aucun rapport de suivi des activités de la CIRH. Les contacts s’établissent seulement à la veille des réunions du conseil d’administration. Le conseiller n’a ni le temps de lire, ni d’analyser, ni de comprendre et encore moins de réagir intelligemment aux projets qui lui sont soumis à la dernière minute, malgré toutes les doléances formulées et toutes les promesses faites à ce sujet", révèlent les signataires de cette déclaration.

"Le recrutement et le choix des firmes-conseils se sont réalisés à l’insu de la partie haïtienne du conseil d’administration. Aucun document n’est venu informer le conseil sur les critères d’embauche et sur le profil des candidats", avait dénoncé la partie haïtienne de la CIRH.

Face à ces flots de critiques prouvés et justifiés, Gabriel Verret était visiblement désarmé. "J’accepte la critique. Ce n’est pas nécessairement utile et constructif de répondre ici à certaines questions soulevées", avait-t-il répondu hésitant et visiblement embarrassé.

Le porte-parole de la CIRH sur la défensive

Intervenant mercredi matin à l’émission Panel Magik sur la Radio Magik 9, la porte-parole de la CIRH, Florence Liautaud, a soutenu qu’à cette époque la CIRH était un bébé, elle faisait ses premiers pas, faisant référence à la réunion du 14 décembre 2010. "Il n’y avait pas assez de gens qualifiés pour réaliser le travail, a-t-elle dit. La Commission a pris ces critiques de manière constructive. Vous pouvez remarquer que les membres du conseil d’administration ont applaudi le travail de la CIRH lors de la 6e réunion...", a-t-elle souligné, comme pour exprimer sa satisfaction et mettre en exergue les progrès de la Commission dans la 6e réunion tenue à Tara’s, Laboule, le 8 avril 2011.

Selon Mme Liautaud, Gabriel Verret était un directeur par intérim, et son mandat avait pris fin depuis le mois de janvier de cette année. "Il a pris cette décision en accord avec les coprésidents de la CIRH. Je vous rappelle qu’il a été nommé à ce poste en juillet 2010 pour 6 mois. M. Verret continue d’apporter son support au travail de la CIRH", a-t-elle précisé.

Par ailleurs, la grande question qui se pose est celle-ci: Gabriel Verret a-t-il démissionné volontairement ou contraint à quitter son poste stratégique de directeur exécutif à la CIRH? Alors, qui va assurer la coordination des contrats juteux au nom de la reconstruction du pays... ?

En tout cas, Michel Martelly arrive en force avec sa nouvelle équipe. Au cours de sa campagne électorale, le président élu n’a jamais raté l’occasion pour dire qu’une fois arrivé au pouvoir, il coupera le pont entre lui et l’ancien système...

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