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UFC-Que choisir : les fraudes à la mutuelle s’amplifient

L’association UFC-Que choisir vient de révéler le 20 mai dernier les surprenants résultats d’une enquête effectuée auprès de 1.188 opticiens en France, avec la complicité de « clients mystère ».

Un opticien sur cinq pris la main dans le sac

Par l’intermédiaire d’Alain Bazot, son président, UFC-Que choisir met en garde contre les fraudes à la mutuelle réalisées par certains opticiens. En effet, au cours de l’enquête, 17,9 % des opticiens visités proposent spontanément une fraude à la complémentaire santé du client.

Concrètement, il s’agit de compenser le prix de la monture qui dépasse le montant maximal remboursé par la complémentaire santé en augmentant le prix des verres. D’après le président d’UFC-Que choisir, l’opticien propose cette manœuvre frauduleuse de manière spontanée, dès que le client communique le montant maximum pris en charge par sa complémentaire santé, à savoir 390 euros pour les verres et 90 euros pour la monture.

Le commencement d’un cercle vicieux

D’après les chiffres publiés par UFC-Que choisir, la possibilité de choisir une monture moins chère est proposée par les opticiens dans 27,5 % des cas. Cependant, environ un spécialiste sur cinq n’hésite pas à suggérer une fraude à la mutuelle tandis que 15,7 % d’entre eux réalisent un geste commercial en offrant une réduction exceptionnelle.

D’après l’association UFC-Que choisir, le fait de frauder à la mutuelle engendre un cercle vicieux puisque cette action a finalement un impact certain sur les cotisations des complémentaires santés supportées par les consommateurs. En effet, si celles-ci sont passées de 471 euros en 2006 à 651 euros en 2013, c’est justement à cause de l’augmentation de la prise en charge des dépenses d’optique de 14,7 % en l’espace de six ans

Explication d’une responsabilité partagée

Selon Alain Bazot, cette solution découle d’une responsabilité partagée entre les opticiens et les complémentaires. L’augmentation des points de vente d’opticiens de 47 % en 12 ans n’entraine pas forcément une baisse des tarifs. C’est le contraire qui est constaté, d’après Mathieu Escot, responsable adjoint des Études à l’UFC. Les magasins vendent de moins en moins de produits, mais à un prix plus élevé. Il annonce même une marge brute de 233 % sur un prix moyen d’une monture évaluée à 470 euros.

 

De leur côté, les complémentaires santé rivalisent en proposant chacun un reste à charge réduit pour les consommateurs. Cette hausse du niveau de remboursement incite les opticiens à augmenter leurs tarifs, ce qui au final se répercute sur les cotisations qui enregistrent une majoration de 38 % en 7 ans. UFC-Que choisir estime un surcoût de 142 millions d’euros par an pour les consommateurs.

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